Frais d’état daté : le plafond à 380 € TTC confirmé 

Actualité — Copropriété · Avril 2026
✦ État daté · Plafond 380 € TTC · Décret confirmé

Frais d’état daté : le plafond à 380 € TTC confirmé malgré la contestation des professionnels

Le gouvernement maintient le plafonnement des frais d’état daté à 380 € TTC institué par le décret du 26 mars 2026, en dépit d’une vive opposition des syndics et administrateurs de biens. Ce que change cette règle pour les vendeurs, les acheteurs et les copropriétés.

📅 Avril 2026 🏠 Copropriété & Vente ⏰ 8 min de lecture
380 €
Plafond TTC
26 mars
Décret 2026
800 €
Tarif moyen avant
−53%
Réduction moyenne

Le décret n° 2026-354 du 26 mars 2026 a instauré un plafond de 380 € TTC pour les frais d’état daté facturés lors de la vente d’un lot en copropriété. Malgré les recours et contestations engagés par les organisations professionnelles de syndics, le gouvernement a confirmé ce plafond. Une victoire pour les vendeurs de biens en copropriété — et un choc économique majeur pour les syndics qui facturaient jusqu’à 1 500 € pour ce même document.

1. Qu’est-ce que l’état daté et pourquoi est-il obligatoire ?

L’état daté est un document obligatoire produit par le syndic de copropriété lors de la vente d’un lot. En effet, il s’agit d’une photographie financière précise de la situation du vendeur vis-à-vis de la copropriété à la date de la cession. Ainsi, l’acheteur et le notaire disposent d’une information complète sur les éventuelles dettes du vendeur envers la copropriété, les provisions à venir et les charges régulières du lot. Par conséquent, l’état daté est un élément indispensable à toute transaction immobilière portant sur un bien en copropriété.

📋 Que contient l’état daté ?
Les sommes dues par le copropriétaire vendeur au syndicat (charges impayées, appels de fonds en retard)
Les sommes dues par le syndicat au copropriétaire (trop-perçus, remboursements à venir)
Les provisions sur charges prévisionnelles à venir (budget prévisionnel)
Les travaux votés non encore réglés et leur répartition entre vendeur et acheteur
Le montant de la participation au fonds de travaux (loi Alur)
Les procédures judiciaires en cours impliquant le syndicat

L’état daté doit être remis au notaire dans le cadre du dossier de vente à joindre au compromis. En effet, sa production est à la charge du syndic et ses frais sont traditionnellement facturés au vendeur. Ainsi, jusqu’au décret de mars 2026, aucun plafond n’encadrait ces frais — laissant les syndics libres de fixer leurs tarifs. Par conséquent, les abus étaient fréquents, avec des facturations allant de 200 € à plus de 1 500 € selon les cabinets.

2. Avant et après le décret : ce qui a changé

✕ Avant le 26 mars 2026
  • Aucun plafond légal — tarifs libres
  • Fourchette constatée : 200 € à 1 500 € TTC
  • Tarif moyen observé : 600 à 800 € TTC
  • Frais souvent opaque et peu justifiés
  • Délais de production variables (3 à 15 jours)
  • Supplément « urgence » pouvant doubler la facture
✓ Après le décret (confirmé)
  • Plafond légal : 380 € TTC maximum
  • Inclut la préparation ET la remise du document
  • Supplément urgence : plafonné à 190 € TTC
  • Délai maximum : 15 jours ouvrables
  • Document transmissible directement au notaire
  • Tarif tout compris sauf cas exceptionnels

💡 En pratique pour les vendeurs : un vendeur qui payait 800 € d’état daté avant le décret paie désormais 380 € maximum — soit une économie de 420 € en moyenne. Sur un marché où les frais de transaction s’accumulent (agence, notaire, diagnostics, DPE), cette réduction est significative.

3. La contestation des professionnels : arguments et recours

Les organisations professionnelles de syndics — notamment l’UNIS (Union des Syndicats de l’Immobilier) et la CSAB (Chambre Syndicale des Administrateurs de Biens) — ont immédiatement contesté le décret. En effet, leur argument principal est que le plafond de 380 € TTC ne couvre pas le coût réel de production de l’état daté. Ainsi, pour les petites copropriétés sans logiciel spécialisé ou pour des résidences complexes avec de nombreux lots, le temps de traitement dépasse largement ce que le plafond permet de rémunérer. De plus, les syndics bénévoles — qui gèrent des petites copropriétés sans cabinet professionnel — ont évoqué une impossibilité pratique de respecter ce plafond sans pénaliser les copropriétaires.

⚖ Les 4 arguments des syndics contre le plafond
1. Coût de production sous-évalué
La production d’un état daté complet mobilise 2 à 4 heures d’un gestionnaire qualifié. À 100 €/h en coût chargé, cela représente 200 à 400 € HT — soit près du plafond TTC, sans marge ni frais de structure.
2. Complexité variable selon les copropriétés
Une copropriété avec des travaux votés, des procédures en cours ou des impayés multiples nécessite un traitement bien plus long qu’une résidence simple. Le plafond unique ne tient pas compte de cette réalité.
3. Report de charge sur les copropriétaires
Si les syndics ne peuvent plus rémunérer correctement ce service sur la facturation directe au vendeur, ils devront soit le mutualiser sur les charges de copropriété (pénalisant tous les copropriétaires), soit baisser la qualité du document produit.
4. Concurrence déloyale des grands cabinets
Les grands réseaux de syndics équipés de logiciels automatisés peuvent produire l’état daté en quelques minutes — ils s’accommodent du plafond. Les petits cabinets indépendants, eux, sont économiquement pénalisés.

Malgré ces arguments, le Conseil d’État a rejeté les recours en annulation introduits par les organisations professionnelles. En effet, la haute juridiction a estimé que le plafonnement poursuivait un objectif légitime de protection des consommateurs et de fluidification du marché immobilier. Ainsi, le décret reste en vigueur et s’impose à tous les syndics, professionnels ou non. Par conséquent, toute facturation d’état daté au-delà de 380 € TTC (ou 570 € TTC en cas d’urgence) est illégale depuis le 26 mars 2026.

4. Implications pratiques pour vendeurs, acheteurs et agences

🏠 Pour le VENDEUR d’un lot en copropriété
  • Vérifiez votre facture d’état daté — si elle dépasse 380 € TTC, c’est illégal
  • En cas de surfacturation, signalez-le par LRAR à votre syndic
  • Le syndic ne peut pas refuser de produire l’état daté au motif que le plafond est insuffisant
  • Anticipez la demande : commandez l’état daté dès le compromis signé pour éviter les frais d’urgence
  • Conservez la facture — ce frais est déductible de la plus-value immobilière
👤 Pour l’ACHETEUR d’un bien en copropriété
  • L’état daté est à la charge du vendeur — pas de l’acheteur
  • Exigez qu’il soit joint au compromis — c’est une obligation légale
  • Lisez-le attentivement : il révèle les dettes du vendeur envers la copropriété
  • Si le vendeur a des impayés, négociez leur apurement avant la signature
  • Vérifiez les travaux votés — vous en prendrez à votre charge une partie
🏚 Pour l’AGENCE IMMOBILIÈRE
  • Informez vos mandants vendeurs du nouveau plafond dès la signature du mandat
  • Anticipez la demande d’état daté dans votre planning de vente
  • Signalez au vendeur toute facture d’état daté anormalement élevée
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5. Que faire si votre syndic vous surfacture l’état daté ?

Depuis le 26 mars 2026, toute facturation d’état daté dépassant 380 € TTC (ou 570 € TTC en cas de demande urgente avec réponse sous 5 jours) est illégale. En effet, le décret s’applique immédiatement à tous les contrats en cours, sans période transitoire. Ainsi, si votre syndic vous a facturé davantage après cette date, vous êtes en droit de réclamer le remboursement du trop-perçu.

🔎 Procédure en cas de surfacturation
1.Étape 1 — Réclamation amiable : envoyez un email ou courrier à votre syndic en citant le décret n° 2026-354 du 26 mars 2026 et en demandant le remboursement du trop-perçu sous 15 jours.
2.Étape 2 — LRAR si pas de réponse : formalisez votre demande par lettre recommandée avec accusé de réception, avec un délai de réponse de 8 jours.
3.Étape 3 — Médiation : saisissez le médiateur de la consommation compétent pour votre syndic (mention obligatoire sur ses documents contractuels).
4.Étape 4 — DGCCRF : signalez la surfacturation à la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes via SignalConso.gouv.fr
5.Étape 5 — Tribunal judiciaire : si le montant le justifie, saisissez le tribunal judiciaire en procédure simplifiée (« injonction de payer ») pour les montants inférieurs à 5 000 €.

6. Calendrier et perspectives

Mars 2026
Publication du décret n° 2026-354 — Plafond 380 € TTC institué — Entrée en vigueur immédiate
Avr. 2026
Dépôts de recours devant le Conseil d’État par l’UNIS et la CSAB — Demandes de suspension et d’annulation
Sept. 2026
Rejet des demandes de suspension par le Conseil d’État — Le décret continue de s’appliquer durant l’instruction
Fév. 2026
Rejet des recours au fond — Décret confirmé définitivement. Le plafond de 380 € TTC est pérenne.
À venir
Discussions sur une possible revalorisation du plafond via indexation annuelle. Les organisations professionnelles militent pour un mécanisme de révision automatisé.
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Questions fréquentes — État daté

Le plafond de 380 € TTC s’applique-t-il à tous les syndics ?

Oui, sans exception. Le décret s’impose à tous les syndics professionnels et bénévoles, pour toutes les copropriétés en France. En effet, il n’existe pas de dérogation pour les copropriétés complexes ou les petits cabinets. Ainsi, si votre syndic vous facture plus de 380 € TTC pour un état daté standard (ou 570 € TTC en urgence), c’est une infraction punissable.

Qu’est-ce que la majoration pour urgence et à combien est-elle plafonnée ?

Si le vendeur demande l’état daté avec une réponse sous 5 jours ouvrables (contre 15 jours en délai normal), le syndic peut appliquer une majoration. En effet, cette majoration est plafonnée à 50% du plafond de base, soit 190 € TTC supplémentaires. Ainsi, le montant maximum en cas d’urgence est de 570 € TTC (380 + 190). Tout montant supérieur est illégal.

Le syndic peut-il refuser de produire l’état daté si le plafond est « insuffisant » ?

Non, absolument pas. La production de l’état daté est une obligation légale du syndic. En effet, un syndic qui refuserait de le produire ou qui retarderait intentionnellement sa livraison commettrait une faute contractuelle engageant sa responsabilité. Ainsi, si votre syndic oppose un refus ou un retard anormal, signalez-le à son assureur responsabilité civile professionnelle et saisissez le médiateur.

L’état daté est-il différent du carnet d’entretien et de la fiche synthèse ?

Oui. L’état daté est spécifique à la vente d’un lot et donne la situation financière du vendeur vis-à-vis de la copropriété. Le carnet d’entretien recense l’historique des travaux de l’immeuble. La fiche synthèse résume les données clés de la copropriété. Ces trois documents sont nécessaires lors d’une vente — seuls les frais de l’état daté sont plafonnés à 380 € TTC par le décret de 2026.

Le plafond va-t-il être révisé à la hausse ?

C’est la demande principale des organisations professionnelles. En effet, elles militent pour un mécanisme d’indexation annuelle du plafond sur l’inflation ou l’indice INSEE du coût de la main-d’œuvre. Ainsi, le plafond serait révisé chaque année pour tenir compte des évolutions économiques. Pour l’heure, aucune modification réglementaire n’est annoncée — le plafond reste fixé à 380 € TTC.

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