Impôts sur l’immobilier : la relance de la DGFiP pour 2,5 millions de propriétaires
La DGFiP a lancé une importante campagne de relance auprès de 2,5 millions de propriétaires pour les alerter sur l’obligation de déclarer tout changement d’occupation de leurs biens immobiliers avant le 30 juin 2026. Qui est concerné, que faut-il déclarer, quelles sont les sanctions ? Tout ce qu’il faut savoir.
Si vous avez reçu un email ou un courrier de la DGFiP ces dernières semaines, vous êtes parmi les 2,5 millions de propriétaires concernés par cette campagne. Vous devez déclarer tout changement concernant vos biens immobiliers au 1er janvier 2026 avant le 30 juin 2026 sur impots.gouv.fr, rubrique « Biens immobiliers ».
La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a lancé en mars-avril 2026 une importante campagne de relance à destination de près de 2,5 millions de propriétaires immobiliers français. En effet, cette campagne vise à rappeler à tous les propriétaires concernés leur obligation légale de déclarer tout changement d’occupation de leurs biens immobiliers au 1er janvier 2026, avant la date limite du 30 juin 2026. Ainsi, de nombreux propriétaires ont reçu — ou vont recevoir dans les prochaines semaines — un email ou un courrier de l’administration fiscale les invitant à mettre à jour leur espace « Biens immobiliers » sur le site impots.gouv.fr. Par conséquent, il est essentiel de comprendre précisément qui est concerné, que faut-il déclarer, et comment procéder pour être en règle.
Cette campagne de relance intervient dans un contexte fiscal immobilier particulièrement chargé en 2026. En effet, outre la déclaration d’occupation, les propriétaires doivent également composer avec la fiabilisation des bases cadastrales par la DGFiP — qui va entraîner une hausse de la taxe foncière pour 7,4 millions de logements — et avec les nouvelles dispositions fiscales de la loi de finances pour 2026 issues du plan « Relance logement ». Ainsi, l’année 2026 s’annonce comme un tournant fiscal majeur pour les propriétaires immobiliers français. Par conséquent, rester informé et agir dans les délais impartis est plus important que jamais.
La campagne en deux temps : qui a reçu quoi ?
La campagne de relance de la DGFiP s’est déroulée en deux phases distinctes selon les profils de propriétaires ciblés. En effet, cette approche progressive permet à l’administration fiscale de prioriser les situations les plus à risque avant de toucher l’ensemble de la population concernée. Ainsi, si vous n’avez pas encore reçu de relance, il est fort probable que vous en receviez une dans les prochaines semaines, y compris sous format papier pour les propriétaires qui n’ont pas renseigné d’adresse email.
La DGFiP a ciblé en priorité les propriétaires de plusieurs biens dont au moins l’un d’entre eux est identifié dans les fichiers fiscaux comme étant sans occupation au 1er janvier 2026. En effet, ces situations potentiellement anormales — logement vacant alors que la taxe sur les logements vacants pourrait s’appliquer — nécessitent une vérification rapide. Ainsi, si vous possédez plusieurs biens et avez reçu ce premier courrier, c’est que le fisc a identifié un ou plusieurs de vos logements comme potentiellement inoccupés.
Cette vague plus large, envoyée par email le 30 mars, a ciblé plusieurs catégories : les nouveaux propriétaires ayant acquis un bien en 2026, les propriétaires d’une nouvelle construction, et les propriétaires bailleurs (personnes louant des logements). En effet, ces situations impliquent par définition un changement d’état des biens qui doit être déclaré à l’administration.
La DGFiP prévoit d’envoyer des courriers postaux aux propriétaires qui n’ont renseigné aucune adresse email dans leur espace personnel impots.gouv.fr. Par conséquent, si vous n’avez pas reçu d’email mais que vous correspondez aux profils ciblés, attendez-vous à recevoir un courrier dans les prochaines semaines.
Que faut-il déclarer exactement — et comment ?
Depuis 2023, tout propriétaire d’un bien immobilier est tenu de renseigner les informations d’occupation de ses biens dans son espace « Biens immobiliers » sur impots.gouv.fr. En effet, cette obligation déclarative a été instaurée pour permettre à l’administration fiscale de mieux identifier les logements vacants, les résidences secondaires et les biens loués, afin d’appliquer les taxations correspondantes (taxe sur les logements vacants, surtaxe résidence secondaire…). Cependant, une bonne nouvelle s’impose : depuis la première déclaration de 2023, vous ne devez déclarer que les changements. Si rien n’a changé depuis l’an dernier, aucune action n’est requise.
Comment procéder pas à pas ?
Connectez-vous à votre espace particulier sur impots.gouv.fr avec vos identifiants habituels.
Cliquez sur la rubrique « Biens immobiliers » depuis le menu de votre espace personnel.
Vérifiez les informations actuellement enregistrées pour chacun de vos biens. Si rien n’a changé depuis votre dernière déclaration, vous n’avez rien à faire.
Si un changement a eu lieu en 2026, cliquez sur « Déclarer l’occupation » et renseignez les nouvelles informations demandées. Confirmez puis conservez le récapitulatif.
Effectuez cette démarche avant le 30 juin 2026 pour être en règle.
Taxe foncière 2026 : 7,4 millions de logements dans le viseur du fisc
En parallèle de la campagne de déclaration d’occupation, une autre opération de la DGFiP touche directement des millions de propriétaires en 2026 : la fiabilisation des bases cadastrales. En effet, en novembre 2026, le ministère de l’Économie a confirmé le lancement d’une vaste « opération de fiabilisation des bases foncières » qui va entraîner une hausse de taxe foncière pour environ 7,4 millions de logements. Ainsi, cette opération consiste à intégrer dans les fichiers du fisc des « éléments de confort » — salle de bain, chauffage central, eau courante, électricité — qui n’avaient jamais été correctement renseignés dans les bases cadastrales, parfois depuis des décennies. Par conséquent, des millions de propriétaires vont voir leur taxe foncière augmenter sans avoir effectué le moindre travail nouveau sur leur bien.
Le calendrier : ce qui va se passer
Début 2026, les propriétaires concernés par la mise à jour ont commencé à recevoir un courrier les informant des modifications envisagées. En juin 2026, un document détaillé sera accessible dans l’espace personnel sur le site des impôts. L’avis d’imposition définitif tombera fin août 2026, avec un paiement exigible en septembre-octobre. Ainsi, si vous pensez que votre logement ne dispose pas réellement des équipements retenus par l’administration, vous avez encore le temps de contester avant l’émission de l’avis.
Si votre logement ne dispose pas réellement des équipements retenus par la DGFiP — une douche comptabilisée alors que vous n’avez qu’un lavabo, un chauffage central fictif — signalez l’erreur via la messagerie sécurisée d’impots.gouv.fr, rubrique « Je signale une erreur sur le calcul de mon impôt ». Fournissez des justificatifs : photos, factures, attestations. Les corrections formulées avant fin juin seront intégrées aux avis émis à l’automne.
Le plan « Relance logement » 2026 : les bonnes nouvelles pour les bailleurs
Face à ces nouvelles contraintes fiscales, la loi de finances pour 2026 — promulguée le 19 février 2026 — apporte également de bonnes nouvelles pour les propriétaires bailleurs, dans le cadre du plan « Relance logement » annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 23 janvier 2026. En effet, plusieurs dispositifs fiscaux nouveaux ou réformés visent à relancer l’investissement locatif et à attirer davantage de propriétaires privés vers la mise en location de leurs biens.
Le dispositif Jeanbrun : le successeur du Pinel
La loi Jeanbrun, aussi appelée dispositif Relance logement ou statut du bailleur privé, est un nouveau dispositif mis en place en 2026 pour relancer l’investissement locatif en France. Elle est présentée comme le successeur du dispositif Pinel qui a été supprimé en 2026. En effet, ce nouveau dispositif permet de déduire une fraction importante du prix d’achat de ses revenus locatifs sur plusieurs années. Ainsi, les propriétaires qui investissent dans l’immobilier locatif peuvent alléger très significativement leur imposition. Par conséquent, si vous envisagez un investissement locatif en 2026, le dispositif Jeanbrun mérite une attention particulière.
Les autres mesures fiscales favorables aux propriétaires bailleurs
La loi de finances 2026 transforme également le micro-foncier et le déficit foncier. Le plafond du micro-foncier passe de 15 000 € à 30 000 € de revenus locatifs annuels. L’abattement forfaitaire est porté à 50 %, contre 30 % auparavant, ce qui réduit fortement l’impôt des petits bailleurs. Ainsi, de nombreux propriétaires bailleurs qui étaient au régime réel vont pouvoir repasser au micro-foncier simplifié tout en conservant un avantage fiscal significatif. Par conséquent, si vos revenus locatifs sont inférieurs à 30 000 € annuels, il peut valoir la peine de réévaluer votre régime fiscal avec un conseiller.